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Deuil : pourquoi le chagrin revient par vagues, et ce que l'hypnose peut accompagner

29 octobre 2026Par Laetitia Boutefeu

On imagine le deuil comme un escalier qu'on descend marche après marche. Dans la réalité, il avance par vagues, avec des reculs, des dates qui piquent et des images qui reviennent. Comprendre ce fonctionnement change déjà beaucoup de choses.

Le deuil ne se déroule pas en étapes bien rangées

L'idée des « cinq étapes du deuil » — déni, colère, marchandage, dépression, acceptation — est entrée dans le langage courant. Elle vient des travaux de la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross, qui décrivait au départ le vécu de personnes confrontées à leur propre fin de vie, et non celui des proches endeuillés. Depuis, la recherche en psychologie du deuil a largement nuancé ce modèle : il n'existe pas de séquence obligatoire, ni de calendrier à respecter.

Ce que décrivent beaucoup de personnes endeuillées ressemble davantage à un mouvement de va-et-vient. Des périodes où l'on fonctionne, où l'on travaille, où l'on rit même, alternent avec des submersions brutales. Un parfum dans un magasin, une chanson à la radio, un numéro resté dans le téléphone : le chagrin revient d'un bloc, parfois des mois après, alors qu'on se croyait « sorti d'affaire ».

Ces vagues ne sont pas un signe de rechute. Elles correspondent à la manière dont la mémoire fonctionne : les souvenirs liés à une personne aimée sont associés à des milliers d'indices sensoriels du quotidien. Chaque indice peut rouvrir l'accès à l'émotion, sans prévenir.

Ce que le deuil fait au corps

Le deuil n'est pas qu'une affaire de pensées. Il se manifeste très concrètement dans le corps : sommeil haché, appétit en dents de scie, oppression thoracique, fatigue qui ne cède pas au repos, difficultés de concentration. Beaucoup de personnes s'inquiètent de « ne plus réussir à réfléchir » les premiers mois. Cette sidération cognitive est fréquente et transitoire.

S'y ajoutent parfois des images intrusives : la scène de l'annonce, la chambre d'hôpital, le dernier appel. Ces images ont tendance à s'imposer au moment du coucher, quand plus rien ne détourne l'attention. Elles peuvent finir par monopoliser le souvenir au détriment de tout le reste — comme si des années de vie partagée se réduisaient aux dernières heures.

Deuil douloureux ou deuil qui se bloque ?

La tristesse intense, les pleurs, le manque, la colère ou la culpabilité font partie du processus normal. Il existe toutefois des situations où le deuil semble figé. Les classifications internationales de référence, la CIM-11 de l'Organisation mondiale de la santé et le DSM-5-TR, reconnaissent désormais un trouble du deuil prolongé : une détresse persistante bien au-delà de la période attendue dans la culture de la personne, avec une difficulté marquée à reprendre le cours de sa vie.

Quelques signaux qui méritent d'en parler à un professionnel :

  • Impossibilité d'évoquer la personne disparue, ou au contraire incapacité de penser à autre chose, de façon durable
  • Évitement systématique de tout ce qui rappelle le défunt (lieux, objets, photos)
  • Culpabilité envahissante (« j'aurais dû voir », « j'aurais dû insister »)
  • Perte d'élan vital, idées noires, consommation d'alcool ou de médicaments en hausse

Dans ces cas, le premier interlocuteur reste le médecin généraliste, qui peut orienter vers un psychologue, un psychiatre ou une association de soutien au deuil. L'hypnose n'est pas une alternative à ce suivi.

Où l'hypnose peut-elle intervenir ?

L'accompagnement en hypnose ne vise jamais à effacer la peine ni à accélérer le processus. Un deuil a besoin de son temps. Le travail porte plutôt sur ce qui, autour du chagrin, devient ingérable au quotidien.

Plusieurs axes reviennent en pratique :

  • Apaiser l'hyperactivation. Les techniques d'induction et de respiration peuvent aider à faire redescendre un système nerveux en alerte permanente, et à retrouver un sommeil moins fragmenté.
  • Travailler les images intrusives. Il est parfois possible de modifier la place qu'occupe une scène douloureuse dans la mémoire : non pas la supprimer, mais lui rendre une taille supportable, pour que d'autres souvenirs redeviennent accessibles.
  • Desserrer la culpabilité. Beaucoup d'endeuillés rejouent en boucle des « si seulement ». L'état hypnotique, qui favorise un rapport plus souple aux représentations, peut ouvrir un autre regard sur ces scénarios.
  • Aborder les non-dits. Certaines approches proposent un espace symbolique pour dire ce qui n'a pas pu l'être. L'intérêt n'est pas de « parler au défunt » mais de permettre à la personne de formuler ce qu'elle porte.
  • Retrouver un lien apaisé. Le but n'est pas d'oublier, mais de passer d'un souvenir qui blesse à un souvenir qui peut, un jour, réchauffer.

Concrètement, comment ça se passe

Un praticien sérieux commence par un entretien : circonstances du décès, délai écoulé, suivi éventuel en cours, ressources de l'entourage. Il refusera parfois de travailler tout de suite, en particulier dans les semaines qui suivent immédiatement la perte, où le besoin premier est souvent d'être soutenu plutôt que d'« avancer ». Il doit aussi savoir réorienter si la situation relève d'une prise en charge psychologique ou psychiatrique.

En Belgique, le titre d'hypnothérapeute n'est pas protégé : vérifier la formation, l'expérience du praticien avec le deuil et son articulation avec les autres soignants fait partie des précautions utiles. Pour trouver un professionnel près de chez vous, découvrez les hypnothérapeutes référencés sur hypnotherapeutes.be. Et si l'accompagnement des personnes en souffrance vous intéresse sur le plan professionnel, la page formation en détaille les prérequis.

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Les praticiens de l'annuaire ont tous été formés et certifiés par Laetitia Boutefeu ou Cédric Papageorgiu, et leur fiche est vérifiée avant publication.

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